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Jijel Echo Index du Forum Discussion et sciences International TSAHAL ou la sale engeance d'Hitler
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Lun 23 Mar - 12:59 (2009)
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coquelicot


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Sujet du message: TSAHAL ou la sale engeance d'Hitler Répondre en citant

Tel-Aviv : les dégénérés sont de sortie

Publié le 21-03-2009

Des cadavres de bébés palestiniens, des mères éplorées sur la tombe de leur enfant mort, des mosquées réduites en cendres : voilà un aperçu des « décorations » ornant les T-shirts des soldats de l’armée israélienne, qui font la fortune d’une entreprise textile de Tel-Aviv.

Sous le titre, « La mode, version Tsahal 2009 », le journaliste Uri Blau a publié vendredi dans le Haaretz (version électronique en langue anglaise http://www.haaretz.com/hasen/spages/1072466.html) un reportage dévastateur sur les mœurs de "l’armée la plus morale du monde".

La firme Adiv, spécialisée dans l’impression de T-shirts, casquettes et pantalons « à la carte », réalise une bonne moitié de son chiffre d’affaires avec les commandes personnalisées de militaires.

Il y a encore peu, les productions de la maison Adiv restaient « classiques », d’un point de vue militariste s’entend.

Un lieutenant ou un sergent passait au magasin, et demandait l’édition, pour toute une section de soldats démobilisés, de T-shirts arborant les armoiries de l’unité concernée.

Comme cela, les camarades du soldat Shalit –que l’armée israélienne n’a apparemment pas réussi à tuer, pendant le pilonnage de Gaza- pouvaient prolonger dans la vie civile leur statut d’hommes, de vrais, pas comme ces mauviettes de gauchistes qui refusent de porter les armes.

Mais un tank, un canon, un fusil orphelin au milieu du T-Shirt, c’est un peu ringard pour impressionner copines et copains, et un nombre croissant de militaires se sont découverts des talents créatifs.

L’imagination la plus morbide a alors pris le pouvoir. Les conscrits ayant subi la formation à la spécialité de « sniper » (tireurs équipés de fusils de haute précision, pour tirer de loin) ont apparemment été les plus enthousiastes, selon les résultats de l’enquête conduite par Uri Blau.

Un des T-shirts imprimés pour les snipers d’un régiment d’infanterie porte l’inscription « Pensez au préservatif », à côté du dessin d’une maman palestinienne pleurant devant le corps de son bébé. Un autre montre une femme palestinienne enceinte, dans la mire du fusil, et cette inscription : « Une balle, deux morts ».

Ou encore, cette bande dessinée où l’on voit un nourrisson palestinien, devenant ensuite un garçon lanceur de pierres, puis un adulte en armes, avec cette inscription : « Peu importe comment cela commence, c’est nous qui sifflons la fin de la partie ».

Il y a aussi un grand nombre de T-shirts illustrant les dérangements sexuels de ces hommes. Par exemple, le bataillon Lavi s’est fait faire un maillot où l’on voit un soldat israélien, à côté d’une femme au visage tuméfié, et la légende : « J’parie que tu t’est fait violer ». D’autres illustrent la pratique, démentie par l’Etat-major au mépris d’innombrables témoignages, qui consiste à achever les blessés dits ennemis (c’est-à-dire n’importe quel humain ayant le malheur d’être palestinien).

La pratique en vigueur consiste à tirer une balle dans la tête, à bout portant ou touchant, de la victime, et de rapporter ensuite à l’échelon supérieur « mort confirmée ! ».

Dans de nombreux cas, écrit Uri Blau, la commande des T-shirts est un processus collectif, conduit au sein même de l’armée, sous la supervision de sous-officiers ou d’officiers subalternes (du sergent au capitaine), et les dénégations de l’Etat-major manquent complètement de crédibilité, peut-on constater à la lecture du reportage.

Par exemple, le slogan “Toute mère arabe doit savoir que le sort de son propre fils est entre mes mains” avait été officiellement refusé dans une caserne. Mais un soldat de la brigade d’élite Givati confirme à Haaretz que sa section a acheté des dizaines de T-shirts, pantalons et vestes de treillis arborant la courageuse devise.

"On a aussi fait faire un modèle montrant un de nos soldats en Ange de la Mort, au-dessus d’un village arabe”, ajoute le soldat, rigolant encore au souvenir que l’ouvrier chargé d’imprimer ces horreurs chez Adiv était lui-même palestinien.

Et ce T-Shirt, édité en 2007, où l’on voit un enfant et la légende, « Plus c’est petit, plus c’est difficile », que doit-on en penser ? demande Blau.

“Ben, c’est un gosse, alors forcément, c’est un peu plus difficile moralement, mais cela veut aussi dire que la cible étant plus petite, elle est plus difficile à atteindre”, répond l’intéressé, sans malice.

Les militaires religieux, c’est-à-dire ceux des élèves des écoles rabbiniques qui acceptent de faire l’armée, ne sont pas en reste.

Y., que Blau a interrogé, est tout fier de son œuvre : un soldat ressemblant au gorille géant King-Kong du cinéma hollywoodien, tenant dans sa patte une mosquée écrabouillée.

« J’ai peiné sur ce dessin. Je voulais un personnage qui ressemble à King-Kong, mais pas trop quand même. Je voulais pas que son visage soit trop monstrueux, pour pas qu’il ressemble à une caricature antisémite. Je l’ai montré à des gens, qui étaient contre, parce que cela donnait une mauvaise image de l’armée. Mais moi, j’ai fait Gaza, et on n’a pas arrêté de nous dire que l’objectif de l’opération, c’était bien de démolir les infrastructures, alors je ne vois pas ce qu’il y a à redire à mon inscription ‘On est venus ici pour détruire’ », dit le soldat Y, avant de s’énerver contre le journaliste.

Et ainsi de suite. Incapables de triompher de la résistance palestinienne, y compris après les horreurs de Gaza, des soldats se sont “vengés” en éditant un T-shirt où l’on voit un vautour en train de violer le Premier ministre palestinien Ismael Haniyeh. « Le capitaine de notre compagnie n’était pas d’accord. Alors, on se contente de porter ce truc à l’intérieur de notre peloton », précise un des soudards.

Information complète obligeant, Uri Blau a également interrogé divers responsables, à commencer par le patron d’Adiv, Haim Yisrael.

“Le secteur militaire de mon activité s’est beaucoup développé au fil des ans. Maintenant, le moindre séminaire avec une quinzaine de participants génère une commande particulière », indique-t-il.

« C’est vrai, il arrive que des officiers froncent les sourcils, pour me dire que j’y vais quand même un peu fort avec toutes ces monstruosités sur les Arabes. Moi je leur réponds tranquillement que je dirige une entreprise privée, et que le client est libre de mettre ce qu’il veut sur les vêtements, ce n’est pas à moi de le censurer ».

Evyatar Ben-Tzedef, un ancien militaire de carrière, s’en tire avec une pirouette, et botte en touche. “De mon temps, ce n’était pas comme ça. Mais les temps changent, il y a aujourd’hui un manque de respect pour les êtres humains et leur environnement, c’est ainsi”.

L’officier Kaufman, responsable de la modération sur un site web de l’armée, fournit à Blau quelques descriptions supplémentaires, dont ce T-shirt montrant un garçonnet palestinien fuyant les soldats : « Arrête de courir, tu vas mourir fatigué », ou ce dessin d’un soldat israélien violant une fillette, avec le slogan « Pas de vierges, pas d’attentats terroristes ». « C’est moche, mais je dois avouer que cela m’a bien fait rire », se lâche Kaufman, avant de vaquer à ses occupations.

Passons rapidement sur les tremolos du porte-parole de l’armée, qui condamne, bien entendu, toutes ces atteintes à “l’éthique” de Tsahal, avant d’affirmer que les soldats font cela dans le cadre de leurs activités civiles. En substance, donc, « cela ne nous regarde pas ».

On laissera le dernier mot à un curieux personnage, le colonel de réserve Ron Levy.

L’homme avait fait son service militaire dans le Sayeret Matkal, une force spécialisée dans les assassinats (le Sayeret Matkal a ainsi participé directement au massacre de Sabra et Chatila), avant de devenir … chef du service de santé mentale de l’armée.

Pour ce « psychologue » couleur kaki, pas de doute, ce que font les soldats avec ces T-shirts, c’est un défoulement, parfaitement sain, de la violence et de la colère qui est en eux, généralement en dessous de la ceinture. « Cela reflète aussi le fait que ce qui est anormal aujourd’hui ne le sera pas forcément demain ».

La civilisation, on vous dit !

CAPJPO-EuroPalestine


 
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Lun 23 Mar - 12:59 (2009)
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Mar 24 Mar - 10:59 (2009)
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coquelicot


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Sujet du message: TSAHAL ou la sale engeance d'Hitler Répondre en citant

http://www.planetenonviolence.org/La-Banalisation-Du-Mal-Sioniste-Imprimee-…

Où sont donc les arabes ? Où sont les super-musulmans de Mezmez et cie? Où est l'Iran ce pays avec une technologie de pointe selon les mezmeziens?


 
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Mer 25 Mar - 13:47 (2009)
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Frozen


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Sujet du message: TSAHAL ou la sale engeance d'Hitler Répondre en citant

Du n'importe quoi. Vous croyez que l'iran est pour la cause arabe, vous croyez que le faite qu'il finance de tel ou tel mouvement, il est pour. L'iran n'a rien a battre de la cause arabe ni des souffrances des gens a baghdade comme au liban alors là ceux de gaza.

l'iran veut s'imposer dans la region, economquement, militairement, cela dit politiquement, car le partage ne sera qu'entre lui et la turkie.point barre
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Beslama


 
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Ven 3 Avr - 18:32 (2009)
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Gimli


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Sujet du message: TSAHAL ou la sale engeance d'Hitler Répondre en citant

Attention aux dérapages... antisémites !
Publié le 2-04-2009  


Uri Blau, revient dans le quotidien israélien Haaretz, sur les T.Shirts aux inscriptions de sauvages que se font imprimer bon nombre de soldats israéliens, et qu’ils peuvent porter librement en Israel, symbole de la morale et de la civilisation. Enquête dédiée à tous ceux qui poussent des cris d’orfraie quand un drapeau israélien en papier est brûlé lors de manifestations contre les massacres israéliens.


Victimes de la mode : T-shirts imprimés pour des unités de l’armée israélienne
par Uri Blau
Ce que le commandement cherche à brouiller, des soldats de l’armée israélienne l’expriment de manière créative par des impressions sur T-shirts de leur unité : chez les paras, on glorifie la victime à Gaza durant l’opération « Plomb Durci » ; dans la brigade Givati, la cible est une Palestinienne enceinte, avec cette inscription : « 1 balle, 2 morts » ; dans la brigade Golani, on s’enorgueillit d’une mosquée détruite en proclamant : « Dieu seul pardonne » ; dans la formation pour tireurs d’élite, on bloque la lunette de visée sur un enfant, avec cette inscription : « Plus c’est petit, plus c’est difficile ». Le porte-parole de l’armée israélienne : ces impressions ne sont pas représentatives des valeurs essentielles de l’armée israélienne.

L’activité n’arrête pas une seconde dans l’imprimerie sur textiles « Adiv », au sud de Tel Aviv. A tout instant des clients, dont beaucoup de soldats en uniforme, arrivent dans le bureau pour commander des articles vestimentaires sur lesquels devront être imprimés les emblèmes de leur unité accompagnés le plus souvent d’un slogan et d’un dessin de leur choix. A quelques centaines de mètres d’ici, dans les ateliers de la société, les esquisses apportées par les soldats deviennent des plaques d’impression grâce auxquelles on imprime les dessins et les slogans sur les articles commandés, essentiellement des T-shirts et des casquettes, mais aussi des gilets capuches, des blousons et des pantalons. Un jeune Arabe de Jaffa supervise les travailleurs qui impriment les emblèmes et les caricatures, puis il remet aux soldats les articles produits.
Un passage en revue des T-shirts militaires imprimés dans cet atelier-ci ou ailleurs, au cours des dernières années, révèle que des bébés morts, des mères pleurant sur la tombe de leurs enfants, des viseurs de fusil ciblant un enfant ou encore des mosquées explosées, ne sont qu’une petite partie de l’imagerie choisie par les soldats de diverses unités de l’armée israélienne pour orner les T-shirts qu’ils font imprimer pour marquer la fin d’une formation ou la fin de leur déploiement. Pas plus que les dessins, les slogans imprimés ne font dans la modération : un T-shirt des tireurs d’élite du corps d’infanterie sur lequel il est écrit « Better use Durex » (mieux vaut employer Durex) autour d’un dessin représentant un enfant palestinien mort avec auprès de lui sa mère en larmes et un ours en peluche ; un T-shirt des tireurs d’élite du bataillon Shaked de Givati où l’on voit représentée une Palestinienne enceinte dont le ventre est dans la ligne de mire d’un fusil, avec une inscription qui proclame « 1 shot 2 kills » (1 balle 2 morts) ; un T-shirt marquant la fin d’un autre cours pour tireur d’élite et présentant le dessin d’un bébé palestinien qui devient un enfant combattant puis un homme armé, et cette inscription : « Peu importe comment ça commence, nous y mettrons fin » ; un T-shirt du bataillon Harouv qui proclame que « on n’est pas tranquille tant qu’on n’a pas confirmé la mort [en achevant le blessé] » à côté d’un dessin figurant un samouraï ; etc.
Il existe aussi de nombreux T-shirts porteurs d’un message sexuel flagrant. Ainsi par exemple, ce T-shirt du bataillon Lavie qui présente un soldat se tenant près d’une jeune fille battue, et ces mots écrits : « Evidemment on t’a violée ! ». Sur un autre T-shirt, du bataillon Harouv, on voit une jeune fille appuyée sur une arme évoquant un membre viril et le mot « putains ! ».
Certains dessins et slogans mettent en lumière des faits dont l’armée nie officiellement l’existence, comme le fait de confirmer la mort [en achevant le blessé] ou de viser délibérément des sites religieux, des enfants ou des femmes.
L’Ange de la Mort
Il ressort des discussions avec de nombreux soldats en service d’active que ce genre d’impressions sur T-shirts est un phénomène familier depuis quelques années. Sur le forum « Armée et sécurité » du site Internet « Fresh » qui a débattu autour de ce sujet cette semaine, divers internautes ont également parlé de ces T-shirts. L’un d’entre eux a par exemple parlé d’un T-shirt sur lequel était dessiné « une croix de viseur télescopique sur une femme d’apparence arabe serrant un enfant, avec un slogan du style "les tuer tant qu’ils sont petits" », qui avait été imprimé pour la fin d’un cours de tireurs d’élite. Il semble qu’il ait été retiré par le staff de commandement.
Dans de nombreux cas, avant impression, le contenu est transmis pour approbation à l’un des membres du staff de l’unité, mais apparemment, le haut commandement n’a pas réellement de contrôle sur les contenus imprimés, dans la mesure où il s’agit parfois d’une initiative personnelle de soldats qui n’a pas l’approbation des officiers. En outre, des dessins et des inscriptions qui avaient auparavant été interdits à la distribution dans certaines unités, ont été autorisés dans d’autres unités. Ainsi avaient par exemple été interdits dans le passé des T-shirts sur lesquels était écrit « On n’est pas tranquille tant qu’on n’a pas confirmé la mort [en achevant le blessé] » (une procédure dont l’armée israélienne nie totalement l’existence), mais un tel T-shirt a été imprimé en janvier 2008 dans le bataillon Harouv.
De même, l’inscription « Que chaque mère arabe sache que le sort de son fils est entre mes mains ! » qui a été imprimé fin 2008 dans la brigade Givati, avait dans le passé été refusé pour l’impression sur un T-shirt d’une autre unité d’infanterie. Un soldat de Givati a raconté, cette semaine, que sa section avait fait imprimer cette inscription sur des dizaines de T-shirts, de blousons et de pantalons. « Un soldat figuré comme un Ange de la Mort y est dessiné près d’un fusil et d’une ville arabe », explique-t-il. « La phrase "Que chaque mère arabe sache que le sort de son fils est entre mes mains !" était, selon moi, très forte. Ce qui était très drôle quand notre soldat est allé chercher les T-shirts, c’est que le type qui les avait imprimés était arabe et qu’il n’avait vraiment pas apprécié, au point qu’il a demandé à la fille du comptoir d’aller lui chercher les T-shirts ».
Cela passe par l’autorisation des officiers ?
« En général, les T-shirts passent par une espèce de sélection opérée par un officier, mais dans ce cas-ci, ils ont seulement été approuvés au niveau du sergent de section. Nous avions commandé des T-shirts pour trente soldats et ils ont été très enthousiastes et chacun voulait plusieurs articles et a payé en moyenne 200 shekels [ 36 €] ».
Que pensez-vous de l’inscription imprimée ?
« Je n’aimais pas tellement la phrase, mais la plupart des soldats la voulaient. »
Avec les meilleures visées
Beaucoup parmi les T-shirts les plus problématiques ont été commandés par des soldats brevetés de cours de tireurs d’élite que suivent ensemble des soldats de diverses unités. En juillet 2007, à la fin du cursus, un T-shirt avait été imprimé d’un dessin figurant, au centre d’une ligne de mire, un petit enfant portant un fusil, et accompagné de l’inscription « Plus c’est petit, plus c’est difficile ! »
L’année précédente, des soldats brevetés de l’ « équipe Carmon » d’un cours pour tireurs d’élite de groupes de reconnaissance un T-shirt avec le dessin représentant, au centre d’une ligne de mire, un Palestinien portant un couteau, avec l’inscription « Il faut courir vite, courir vite, courir vite, avant que ce n’en soit fini » et par-dessous, des femmes arabes pleurant sur une tombe, avec cette inscription « Et puis après, elles pleurent, et puis après elles pleurent… » Un autre T-shirt de tireurs d’élite figurant, là encore un personnage arabe au centre d’une ligne de mire, proclame : « Le tout avec les meilleures visées », les meilleures intentions. Des tireurs d’élite ont aussi commandé des T-shirts avec, au milieu, une femme enceinte au centre d’une ligne de mire et un T-shirt sur lequel est dessiné un enfant mort.
G*, un soldat d’une unité d’élite ayant suivi le cours des tireurs d’élite, connaît ces T-shirts. A l’occasion d’une discussion avec lui, il explique que « quand on termine le cours, on décide ensemble quel T-shirt faire imprimer. Ça consolide l’esprit d’équipe d’une certaine manière et puis on sait que celui qui est tireur d’élite est un peu fêlé. Il y a sur nos T-shirts beaucoup de doubles sens, comme par exemple : "Des gens mauvais avec de bonnes visées". A chaque cycle de chaque cours, on sort des choses comme ça ».
Quand met-on ces T-shirts ?
« Ce sont des T-shirts pour la maison, pour le jogging, pour l’armée. Pas pour les sorties. Parfois les gens demandent ce que c’est, avant d’en comprendre le sens. »
Sur le T-shirt qui représente une femme enceinte au centre d’une ligne de mire, il dit qu’ « il y a des gens qui pensent que ça ne va pas et je suis de cet avis-là aussi, mais cela n’a pas réellement de signification, c’est-à-dire qu’il n’y a pas quelqu’un qui ira tirer sur une femme enceinte. »
Quelle idée y a-t-il derrière le T-shirt au milieu duquel on voit l’image d’un enfant avec l’inscription « Plus c’est petit, plus c’est difficile ! » ?
« C’est un enfant, alors vous avez un peu plus un problème (moral) et aussi la cible est plus petite. »
Vos commandants autorisent l’impression des T-shirts ?
« Oui. Bien qu’ils aient parfois interdit l’un ou l’autre T-shirt vraiment outrancier ; je ne me souviens pas de ce qu’il y avait dessus. »
Ces T-shirts-là ont tout de même l’air déjà plutôt outranciers. Pourquoi dessiner un enfant dans une ligne de mire ? Vous tirez sur des enfants ?
« Comme tireur d’élite, vous rencontrez bien des fois des situations extrêmes. Vous voyez tout à coup un petit enfant qui brandit une arme et c’est à vous de décider de tirer ou pas. Ces T-shirts, c’est pour moitié du cynisme et ils viennent illustrer les situations extrêmes que vous pouvez rencontrer. S’il y en a un qui voit sa cible dans les yeux, c’est le tireur d’élite. »
Vous êtes-vous retrouvé dans une situation pareille ?
« Une chance pour moi : pas face à un enfant, mais devant une femme oui. Elle ne portait pas d’arme mais elle était tout près d’une zone où il lui était interdit de se trouver et où elle pouvait représenter une menace. »
Et qu’avez-vous fait ?
« Je ne l’ai pas eue » (autrement dit, je n’ai pas tiré).
Vous ne le regrettez pas, je suppose.
« Non. Si j’avais dû tirer, j’aurais tiré. »
Nous sommes venus, nous avons vu, nous avons détruit
La réalité à laquelle sont confrontés les soldats qui servent dans les Territoires [occupés] se reflète dans les T-shirts imprimés ces derniers temps. Un T-shirt imprimé la semaine dernière peut nous apprendre quelque chose de l’état d’esprit de soldats du bataillon Lavie qui ont fait leur service en Cisjordanie pendant trois années consécutives : « Nous sommes venus… Nous avons vu… Nous avons détruit ! », est-il écrit sur le T-shirt, à côté de dessins représentant des armes, un soldat au regard furibond et un village palestinien avec, en son milieu, une mosquée détruite.
D’une façon générale, des mosquées détruites et des localités palestiniennes en feu sont une imagerie qui se répète sur de nombreux T-shirts. Un T-shirt imprimé après l’opération « Plomb Durci » à Gaza, dans le bataillon 890 des paras, présente un soldat figuré en King Kong au milieu d’une ville, objet d’une offensive. Le slogan est sans ambiguïté : « Si tu crois qu’on peut réparer, crois bien qu’on peut démolir ! ».
C’est Y*, un soldat d’une yeshiva doublée du service militaire, qui a dessiné ce T-shirt. « On montre ça au staff avant d’imprimer », dit-il.
Que tient le soldat dans sa main ?
« Une mosquée. Avant de dessiner ce T-shirt, j’ai hésité, parce que je voulais que ce soit comme King Kong mais pas quelque chose de trop monstrueux. Ce soldat de yeshiva, qui saisit la mosquée, je voulais qu’il ait un visage plus normal pour que ça n’ait pas l’air d’une caricature antisémite. Certaines personnes qui l’ont vu m’ont dit : "C’est tout ce que vous avez à montrer de l’armée israélienne ? Qu’elle détruit des maisons ?". Je comprends les gens qui regardent ça de l’extérieur et qui voient ça comme ça, mais moi j’ai été à Gaza et on insistait tout le temps sur le fait que l’objectif de l’opération, c’était d’occasionner des destructions aux infrastructures afin que le prix payé par l’Autorité Palestinienne et les dirigeants palestiniens les amène à comprendre qu’ils n’ont pas intérêt à poursuivre les tirs. C’est ça l‘idée de "Nous sommes venus détruire", sur le dessin ». (...)
Dans la brigade Golani, on ne veille pas non plus scrupuleusement sur la sainteté des symboles religieux. La section sabotage des « Prédateurs de la nuit » du bataillon 13 de Golani a commandé, en janvier de cette année, un T-shirt où est dessiné le farfadet de la brigade Golani actionnant une charge explosive qui démolit une mosquée, avec cette inscription : « Dieu seul pardonne ». Un des soldats de la section s’est énervé quand on lui a demandé quelle idée il y avait derrière ce T-shirt et si dans son unité, on avait l’habitude de faire sauter des mosquées. « Ça n’a pas une énorme signification, c’est juste un T-shirt de notre section », a-t-il répliqué. « Ce n’est pas toute une affaire. Un copain à moi a fait le dessin et à partir de là, nous avons fait un T-shirt pour la section. »
C’est quoi l’idée de « Dieu seul pardonne » ?
« C’est un dicton. »
Personne n’a eu de problème avec le fait que sur le dessin, on fait sauter une mosquée ?
« Je ne comprends pas où vous voulez en venir. Je n’aime pas comment vous filez. Ne tirez pas ça du côté où vous n’êtes pas censé le tirer, comme si nous haïssions les Arabes. »
Dans le même bataillon, après l’opération « Plomb Durci », on a fait imprimer un T-shirt où figure le Premier ministre Hamas, Ismaïl Haniyeh, sodomisé par un vautour. L’inscription ne laisse place à aucun doute : « Haniyeh, toutes les armes dans l’armurerie ! Fin de l’opération "Plomb Durci" ». S*, un soldat de la section qui a commandé le T-shirt, a expliqué que l’idée venait d’un T-shirt semblable qui avait été imprimé après la deuxième guerre du Liban et sur lequel Hassan Nasrallah figurait à la place d’Haniyeh. « On n’autorise pas de choses pareilles au niveau de la compagnie. C’est simplement un T-shirt que nous avons fait imprimer pour la section », dit-il.
C’est quoi le problème avec ce T-shirt ?
« Il y a des gens que ça dérange de voir ces choses-là, du point de vue religieux et tout ça. »
Comment ont réagi les gens qui l’ont vu ?
« Chez nous, à la section, il n’y a pas beaucoup de religieux, alors ça n’a pas été un problème. C’est simplement quelque chose que les copains avaient envie de faire imprimer. On se balade avec ça plutôt à la maison et pas dans la compagnie parce qu’il y a des gens que ça dérange, essentiellement des religieux. Les officiers nous disent qu’il vaut mieux qu’on ne porte pas de T-shirts comme ça à l’intérieur de la base. »
Racisme et obscénités
Les diverses esquisses imprimées ces dernières années dans l’entreprise « Adiv », l’une des plus importante en son genre en Israël, sont rangées dans des dizaines de tiroirs d’après le nom des unités de l’armée qui les ont commandées : paras, Golani, force aérienne, tireurs d’élite, Samson, etc etc. Dans chacun des tiroirs sont empilées des centaines d’illustrations triées par année de commande.
Beaucoup de ces impressions sont des caricatures et des slogans liés à la vie de l’unité, des jeux de mots internes qu’un étranger ne comprendrait pas et qu’il ne trouverait peut-être même pas intéressants, mais une partie illustre un esprit agressif, grossier et particulièrement violent. Le dirigeant de l’entreprise, Haïm Israël, travaille là depuis le début des années 80. Selon lui, on imprime en moyenne chez « Adiv » un millier de modèles différents chaque mois dont, il estime que la moitié est destinée à des soldats. Haïm Israël se souvient que quand il a commencé à travailler dans l’entreprise, on n’imprimait quasiment pas d’articles vestimentaires pour des soldats. « Les premiers à l’avoir fait, ce sont des membres des Jeunesses Pionnières Combattantes (Nahal) », explique-t-il. « Puis d’autres unités d’infanterie ont commencé à sortir des T-shirts et aujourd’hui, n’importe quel cours réunissant 15 personnes sort son T-shirt. » (...)
Le porte-parole de l’armée israélienne a transmis la réaction suivante : « Les directives de l’armée ne concernent pas l’habillement civil, en ce compris les T-shirts produits au terme des diverses formations de base et des divers cours. Les motifs imprimés sur les T-shirts le sont à l’initiative personnelle des soldats et sur des T-shirts civils. Les exemples rapportés par le journaliste de « Haaretz » ne sont nullement conformes aux valeurs essentielles de l’armée israélienne, ils ne représentent pas la vie au sein de l’armée israélienne et sont d’un parfait mauvais goût. L’humour de ce genre mérite tous les blâmes, toutes les condamnations. Dans le but d’œuvrer à l’éradication immédiate du phénomène, l’armée israélienne adresse aux commandants des recommandations selon lesquelles il convient de recourir aux instruments d’autorité et de discipline contre ceux qui prennent part à des choses de ce genre. »
Shlomo Tzipori, lieutenant-colonel de réserve et juriste spécialisé dans le droit militaire, dit que l’armée fait passer en jugement des soldats pour des violations commises en dehors de la base également et pendant leur temps libre. Pour des inscriptions qui constituent « une atteinte à l’honneur de l’armée et à l’honneur de ceux qui portent l’uniforme », il est possible, selon lui, de « faire comparaître les soldats pour "comportement honteux" ou pour "atteinte à la discipline" qui relèvent de paragraphes généraux des statuts juridiques de l’armée ».
Sous la ceinture
Que nous disent ces T-shirts sur les soldats qui les commandent et les portent et sur Israël en général ? Orna Lévy-Sasson, professeur au département de sociologie de l’Université de Bar Ilan et auteure du livre « Identités sous l’uniforme » qui traite entre autres choses de l’image de la masculinité dans l’armée israélienne, dit que « cela fait partie du processus de radicalisation à droite par lequel passe l’Etat tout entier depuis la seconde Intifada et dont les soldats sont le fer de lance. Cela s’exprime d’une manière tout à fait flagrante parmi les soldats dans les Territoires [occupés]. On est moins strict que par le passé et il y a une insensibilité toujours plus grande, avec cette conception que le Palestinien n’est pas une personne, pas un être humain ayant droit à des droits fondamentaux. Et on peut dès lors tout lui faire. »
Peut-on voir cela comme une décharge d’agressivité ?
« Non. Je pense que cela renforce et encourage l’agressivité et lui donne une légitimité. Ce qui me gêne c’est que le T-shirt est quelque chose que l’on conserve. Les soldats le portent dans le civil, puis ce sont leurs amies qui le portent. Ce n’est pas juste une déclaration, c’est quelque chose de matériel et qui reste, qui circule ensuite dans le monde. Par ailleurs, ce qui me semble intéressant c’est la combinaison de conceptions sexistes et nationalistes comme pour le T-shirt où il est question de "baiser Haniyeh". Le chauvinisme national et le chauvinisme sexuel se combinent et se renforcent l’un l’autre. S’établit ainsi une masculinité façonnée par la brutalité, la violence à l’égard des femmes et des Arabes, une masculinité qui juge légitime de parler des femmes et des Arabes d’une manière grossière et violente. »
Le colonel de réserve Ron Lévy a commencé son service militaire dans l’unité de commando Sayeret Matkal, avant la guerre des Six Jours. Dans les années 74 à 77, il a été le psychologue en chef de l’armée israélienne et dans les années 80, il a dirigé le département de santé mentale de l’armée israélienne. « J’ai connu des choses de ce genre au cours des quarante, cinquante dernières années », dit-il, « A chaque fois, leur expression diffère. L’agressivité et la violence sont très anciennes et aujourd’hui, cela s’exprime simplement via les T-shirts. D’un point de vue psychologique, il s’agit d’une des formes de projection de la colère, de la frustration et de la violence des soldats. C’est une certaine expression de choses que j’appelle "au-dessous de la ceinture" ».
Pensez-vous que ce soit un bon moyen de décharger des colères ? « Assurément. Mais il y a là des choses qui s’écartent de la norme. »
www.haaretz.co.il/hasite/spages/1072299.html
Version anglaise : Dead Palestinian babies and bombed mosques - IDF fashion 2009 - www.haaretz.com/hasen/spages/1072466.html
(Traduction de l’hébreu : Michel Ghys)
CAPJPO-EuroPalestine


 
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